Travailler après l’opération d’un méningiome: un challenge finalement

Cela fait de nombreux mois que je n’ai pas posté sur le site. Par manque de temps, moins le besoin de parler de cette convalescence que j’estime comme terminée. L’opération a eu lieu il y aura bientôt 3 ans et même s’il reste des séquelles, telles que fatigue, douleur cicatricielles, vertiges, je pense que cela peut-être aujourd’hui considéré comme « consolidé ».

Pourtant ce soir, j’ai eu envie de reprendre un peu l’écriture et parler de ce qui s’est finalement passé dans ma vie professionnelle, aussi pour donner quelques nouvelles car j’ai souvent des commentaires ou des contacts qui m’en demandent.

Dans le dernier article parlant du travail, Reprendre le travail, 2ème round, et que j’ai écrit il y a pile deux ans (c’est juste une coïncidence comme je les aime), j’étais dans une période difficile. Je m’accrochais. Transports éprouvants en hiver, longs, exténuants, une charge de travail difficile à gérer, beaucoup de stress…

Bon, pour remettre le contexte, la société pour laquelle je travaillais, une entreprise à caractère presque « familial » avait été rachetée depuis quelques mois par un grand groupe. La nouvelle direction travaillait d’une manière qui a fait qu’au final pas loin des 3/4 de mes collègues ont démissionné. Quand je me suis faite opérer, puis que j’ai repris le travail, j’ai été mise « au placard ». Ce qui est un peu normal car difficile de prendre des responsabilités comme j’avais auparavant vu le contexte. En fait, j’alternais les premiers mois mi-temps thérapeutiques et arrêts complets par fatigue. Cela aurait certainement pu être évité si le télétravail, tout à fait facile à mettre en place, avait été accepté. Et puis, lorsque je me suis sentie malgré tout un peu mieux, j’ai demandé à travailler un peu plus et là, après quelques altercations, on m’a renvoyée direct à la médecine du travail qui a restatué sur 50% de travail, pas plus. Bon, je ne parlerais pas du médecin, j’étais très en colère. Je voulais reprendre une activité plus normale et, comme je suis cadre depuis toujours, les heures on ne le compte pas. Mais ça a été jusqu’à interdiction totale de faire ne serait-ce que quelques minutes supplémentaires. Personne n’était dans ma tête, pour savoir que devoir faire une énorme charge en moins de 4h, c’est beaucoup plus fatiguant que de la répartir sereinement sur 5h et le lendemain, moins stressé, on est beaucoup plus productif .

Bref, j’ai fini par craquer, j’ai dû être arrêtée plusieurs mois et j’ai fait comme mes collègues, une rupture conventionnelle. Après l’opération, je me suis dit que la vie est trop belle pour rester dans ce type de contexte.

Aujourd’hui, depuis bientôt un an et demi, j’ai repris à la maison, une activité de microentrepreneur, toujours dans l’informatique, mon domaine de prédilection. Un challenge car ceux que je connais dans ce statut travaillent à 150% pour réussir. Moi, cela dépend des jours, de la fatigue, des autres démarches qu’il faut parfois faire… mais, j’ai de la chance, avec mon réseau de connaissance, j’ai pu vite trouver des contrats.

Cependant, il a fallu que je fasse aussi des démarches. Je parlais plus haut de la consolidation. Un jour, il faut bien se dire que la convalescence est terminée, que les séquelles resteront pour toujours. Donc, aujourd’hui, j’ai le statut de travailleur handicapé et bientôt, je devrais percevoir une pension d’invalidité catégorie 1, ce qui permettra de compenser cette perte de salaire. Pas si facile de faire ces demandes. Accepter ces statuts, c’est accepter son handicap mais aujourd’hui, comme je le dis, c’est bon, j’ai imprimé … D’ailleurs, en écrivant cela, je me dis que, dans mon ancienne entreprise, même en télétravail, je n’aurais jamais pu reprendre une activité normale. Dans cette phase de convalescence, je pensais vraiment qu’un jour tout redeviendrait comme avant, j’avais tord. Mais, on ne peut pas vraiment anticiper sur comment notre corps encaissera à terme cette intervention qui n’a rien d’anodin.

Le bon coté des choses, je travaille à la maison, à mon rythme, je m’accorde mes congés et personne au dessus pour générer du stress … quoique je suis très douée pour me mettre moi-même la pression.

Voilà, un petit bilan. Quand j’ai écrit il y a deux ans ce long témoignage , je ne pensais pas que cela m’amènerait où je suis aujourd’hui. L’opération d’un méningiome, cela peut finalement vraiment bouleverser une vie comme l’évoquent les témoignages que l’on peut lire sur ce site ou sur des groupes facebook comme celui de l’association Amavea. Cela dépend de chacun d’ailleurs et j’ai lu aussi des récits de personnes qui se sont très bien remises. De mon coté, je reste optimiste. La vie n’est pas tous les jours facile mais je suis toujours là et j’en profite dès que possible !

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2 réflexions sur “Travailler après l’opération d’un méningiome: un challenge finalement

  1. Merci pour votre témoignage !
    Je vous souhaite bonne chance dans votre travail et bon courage pour la suite !
    En attente d’opération cela fait du bien de lire des témoignages positifs …
    Amicalement

    • Bonsoir Josie,
      Merci bien pour votre commentaire
      D’ailleurs, cela me fait d’autant plus plaisir que je veux rester positive même si parfois, il faut un peu naviguer dans la tempête
      Mais, une fois arriver au port, la chaleur humaine est toujours là pour réchauffer nos cœurs
      (ouaaa, je me lâche en écriture ce soir)
      Bien du courage à vous et n’hésitez pas à donner de vos nouvelles

      Bien amicalement
      Nathalie

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