Le long chemin de la convalescence

Dans cette série d’articles, je parle de différents problèmes auxquels j’ai dû faire face après mon opération et donc durant ma convalescence.

Je décris des problèmes physiques (vision, douleurs…), intellectuels (concentration, stress, sommeil…) mais aussi des problèmes, voir des défis au début,  à gérer dans la vie courante (conduire, aller faire les courses…) que j’ai mis dans la partie Avancer, car y faire face permet d’aller de l’avant durant la convalescence pour arriver un jour à ce que celle-ci soit terminée, même si cela prend du temps.

Comme je l’ai déjà évoqué dans l’introduction de ce blog, chacun va face face à son propre ressenti. Je pense que dans ce que je décris,  il y a des points communs mais cela n’inclut pas l’ensemble des problèmes.

L’opération d’un méningiome n’est pas anodine. Le fait de toucher à la boîte crânienne, au cerveau et dans mon cas à l’oeil gauche, au nerf optique, entraîne une convalescence difficile, longue. Même si aujourd’hui, 9 mois après l’opération (!), je vais beaucoup mieux, il me reste encore du chemin à parcourir.

A la sortie de l’hôpital après 7 jours, puis de 15 jours en maison de repos, j’ai eu extrêmement peu de directive pour mon rétablissement.

Je regrette que les patients n’aient pas un véritable suivi post-opératoire, structuré et organisé. Des trois côtés : physique car ce n’est pas toujours évident de faire face, matériel car sans aide le simple fait, par exemple, de remplir le frigo au début est difficile et psychologique car se faire opérer du crâne en fin de compte c’est assez traumatisant.

Personnellement, je me suis dit qu’il allait falloir y aller mais doucement, progressivement. D’où, comme je l’ai dit dans l’introduction, cette méthode que j’ai mise en place pour faire face à chaque problème. Vous pourrez  donc la consulter dans la section La Méthode.

Si en lisant comment j’ai fait face à tous ces problèmes vous êtes surpris par comment je les ai abordés, ne vous étonnez pas. Déformation professionnelle, geek, cinéphile, sériephile, grande lectrice: toutes ces passions m’ont aidées et même d’autres sujets par la suite…Et pour moi, c’est à chacun d’imaginer selon ses habitudes et ses passions comment pallier aux problèmes.

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Fatigue après l’opération

Quand j’ai écrit la première version de ce blog, j’ai oublié le problème essentiel que l’on ressent après une opération : la fatigue.

J’ai parlé de problème de concentration, de vision… mais je n’avais pas encore compris que tout cela est lié ou entraîne un état de fatigue qui a été parfois vraiment difficile à surmonter. Mon médecin m’a parlé d’asthénie.

Cette fatigue a eu chez moi plusieurs paliers :

  • le 1er entre 1 et 2 mois après l’opération, dû à l’opération elle-même mais aussi à l’anesthésique, qu’il faut d’après ce que j’ai compris, éliminer (6h d’opération, c’est long…). Durant cette phase, je pense que les symptômes les plus flagrants étaient surtout la concentration, les problèmes de vision, les difficultés pour me déplacer, pour être devant mon écran d’ordinateur …
  • le 2ème quand j’ai repris le travail, au début du 4ème mois après l’opération. Même à temps partiel, cela a été une vraie galère, j’avais franchement l’impression que j’allais  tomber par terre. J’arrivais à travailler correctement durant 4 heures, mais ne pouvais strictement rien faire d’autre. En parallèle, cela entraîne du stress car non seulement ce n’est pas évident de bien travailler mais en plus il y a énormément de choses qui deviennent problématique à réaliser. Dans la section Avancer, j’ai fait tout un tas de petits articles sur des sujets comme remplir le frigo, lire, bouger, voir des amis… J’avais fait d’énormes progrès en 3 mois mais impossible d’assurer ma vie courante à cette reprise de l’activité. Du coup, au bout du rouleau, j’ai été à nouveau arrêtée à temps complet.
  • le 3ème à ma seconde reprise de travail au début du 7ème mois après l’opération. C’était toujours difficile de travailler mais j’ai pu faire d’autres choses à coté, étant toujours à temps partiel. Cependant, la fatigue me guettait toujours et franchement, rythme réduit durant encore 2 mois et beaucoup de repos.
  • le 4ème semble commencer à la date où j’écris cet article, soit plus de 9 mois après l’opération. Je me sens moins fatiguée, capable de faire plus de choses en dehors du travail. Bon, je croise les doigts car je viens de prendre une semaine de vacances (enfin, après presque un an des vacances, à la maison, mais ça fait du bien !) mais la rentrée pour l’instant se passe bien mais toujours à temps partiel.

Avec du recul, et cela n’est peut-être valable que pour moi, j’ai fait quelques constatations:

  • Le stress est le premier facteur qui me fatigue, qu’il soit personnel ou professionnel. Du coup, franchement, je l’évite le plus possible ou sinon, je fais tout pour que les facteurs de stress m’atteignent le moins possible…
  • Mon méningiome présentait une exophtalmie, soignée durant l’opération, avec aussi un impact sur le nerf optique. Du coup, le fait d’avoir des troubles de la vision binoculaire est pour moi le symptôme le plus flagrant que je suis en train de fatiguer trop. J’ai du mal à ne voir qu’une image égal repos. Et comme vous le verrez dans les articles sur la Lecture, lire dans ce cas est très bien en alternant avec la télévision. Cela me repose énormément, visuellement et intellectuellement. Car, ce symptôme va dans les deux sens: plus je fatigue, plus ma vision binoculaire a du mal à ne faire qu’une seule image et du coup, en forçant mes yeux, je fatigue encore plus. Une boucle sans fin que seul le repos peut arrêter. Comme je travaille sur écran, ce n’est pas toujours facile.
  • Un autre symptôme m’indiquant que je suis en train d’aller un peu trop loin est les oreilles qui se mettent à siffler. J’ai parlé des acouphènes en début de convalescence. Aujourd’hui, ils ont quasiment disparu et c’est juste un petit sifflement dans les oreilles mais qui veut dire : STOP, repos.

Pour moi, la fatigue est problématique car c’est un peu une source de frustration. En effet, passer par une épreuve telle que cette opération importante, et bien, à la sortie, j’ai envie de profiter de la vie… et quand on est fatigué, profiter c’est dur. Donc patience… et surtout, éviter l’ennui. Je parlais juste au dessus de la lecture, un plaisir que je retrouve après si longtemps mais aussi écrire ce blog, regarder des films et mes séries préférées, regarder des conférences sur YouTube, … tout cela est nécessaire car autrement si je m’ennuie, personnellement, j’ai un peu tendance à la déprime et à avoir du mal à dormir

Je n’ai pas encore eu le temps de mettre les références en ligne mais il y a des protocoles qui parlent de la durée de convalescence. Constatation: après presque 9 mois de convalescence être toujours fatiguée et à temps partiel paraît très long. D’où d’ailleurs, les quelques recherches statistiques que j’ai faites sur le méningiome pour voir si les particularités de mon cas peuvent expliquer une si longue convalescence… combien de temps avant de retrouver 100% de tonus ? Je verrai bien.

S’écouter, être patient et apprendre à ne pas se laisser envahir par le stress ou par l’ennui sont pour moi les seuls moyens de pouvoir continuer ce long chemin vers le rétablissement complet. Je pense que vivre sa convalescence le plus sereinement possible permettra en fin de compte qu’elle se termine le plus rapidement possible.

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Problèmes de concentration

Après mon opération au cerveau, qui a duré 6h, j’ai éprouvé de grands problèmes de concentration. L’anesthésie, l’opération elle-même, la prise d’antiépileptique (peut-être) font qu’il est particulièrement difficile de se concentrer.

Quelques exemples : regarder une série, regarder un film, suivre une conversation, travailler sur son ordinateur…

Pour certains de ces problèmes, je n’ai pas eu de méthode précise.

Je me suis dit « Tant pis si je ne comprends rien à l’épisode de la série que je regarde, il y en a tellement à voir que j’en regarderai d’autres quand j’irai mieux ».

D’ailleurs, étonnamment, je me suis rendue compte en regardant le 6ème épisode d’une nouvelle série: ça y est. Je comprenais enfin l’histoire.

En fait, j’ai fait une erreur : j’ai regardé de nouvelles séries en début de convalescence et franchement je n’ai rien compris. Du coup, ensuite, j’ai regardé les saisons suivantes de séries que je connaissais déjà et que j’aime bien. Parfait ! Je connais les personnages, l’intrigue de base : beaucoup moins d’effort de concentration à faire.

Je me suis aussi abonnée à Canal + et Canal+ Série. Je ne tiens pas à leur faire de la publicité mais sur ces chaînes un très grand choix de films.  J’en a vu certains, d’autres non, donc en cas de fatigue le soir, je zappe dans cet univers cinéphile, ça me permet de me reposer.

Youtube aussi c’est très bien, je me rappelle d’un soir où j’ai regardé une partie du concert de Johnny au stade de France en 98: détente, rappel de bons vieux souvenirs. Et si je ne peux plus me concentrer, ce n’est pas grave, ça reviendra demain.

Pour le travail sur ordinateur j’ai mis en place une vraie méthode que j’ai d’ailleurs appliquée pour faire ce blog.

J’ai défini le programme suivant avec une fréquence d’augmentation du temps basé sur 1 semaine.

Pour ce qui dure plus d’une heure, je fais des pauses comme au bureau : boire le café, appeler quelqu’un…

  • 1er semaine : 15 mn matin et après-midi
  • 2éme semaine : 30 mn matin et après-midi
  • 3ème semaine : 1h matin et après-midi
  • 4ème semaine : 2h matin et après-midi
  • 5ème semaine : 2h30 le matin et comme ça allait bien j’ai fini à 3h. Je n’ai plus fait d’informatique systématiquement l’après-midi.
  • 6ème semaine : le défit d’arriver à 4h. Et bien voilà, je l’ai fait en écrivant les chapitres 1 et 2 de ce blog. La porte de la reprise du travail à mi-temps s’est bien ouverte.

Et d’ailleurs, j’ai fini cette rédaction avec 4h le matin et 2 heures l’après-midi : parfait.

J’ai, par ailleurs, fait une distinction entre l’informatique du matin et celui de l’après-midi.

Pour le matin, j’ai travaillé au début sur de l’informatique personnel, c’est très facile : trier des fichiers dans mon ordinateur, pour y faire un peu de nettoyage, ranger des photos dans des dossiers, ranger des mails tombés pendant le mois où j’étais loin de mon PC….

Ensuite, comme j’ai cette chance de pratiquer un travail qui peut être fait à la maison, je suis passée à la programmation informatique et par défit et passion, j’ai travaillé sur de la programmation complexe, difficile mais que j’aime beaucoup (de la priorité 3). Cela demande une très forte concentration mais en même temps, c’est une concentration salvatrice : vous ne pensez qu’à cela, à rien d’autre.

Pour l’après midi, j’ai travaillé sur l’informatique que j’aime en tant que geek , sur un système assez nouveau qui s’appelle Android TV. Passionnant mais quasiment beaucoup plus fatiguant en concentration que la programmation. Ce sont des problèmes nouveaux fonctionnellement et techniquement à affronter.

Aujourd’hui donc la barre des 4 heures a été enfin atteinte. En écrivant ? Et bien oui, un informaticien passe de longues heures à écrire des documents pour ses clients.

Il me reste du chemin à faire : les 8 heures de travail par jour pour reprendre à plein temps. Mais je n’ai actuellement pas mis de méthode en place car j’attends de reprendre mon travail à mi-temps pour m’adapter alors à ce nouveau rythme.

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Problèmes de vision

Cet article parle de la vision mais c’est en réalité complètement mélangé avec le problème de la concentration.

Comme mon méningiome poussait mon œil vers l’extérieur et poussait le nerf optique, avant l’opération je voyais double, sans le savoir. La progression de ce symptôme est lente. Un méningiome, ça grossit lentement (1 à 2 mn par an) et je ne sais pas quand est arrivé ce symptôme.

Pourquoi ? Parce que le cerveau s’adapte. Je pense  que c’est ce qui s’appelle la vision binoculaire. Chaque œil perçoit une image, chacune est décalée par rapport à l’autre, et le cerveau travaille pour en faire une seule image.

Après l’opération, l’œil et le nerf sont maintenant à la bonne place. A l’hôpital, après le 1er bilan d’ophtalmologie, à la fin de la semaine d’hospitalisation, on m’a dit que ma vision binoculaire était meilleure.  Puis au deuxième contrôle, deux mois après l’opération, le contrôle disait que tout était bon, je ne voyais plus double. J’ai d’ailleurs eu une interdiction de conduire durant trois mois qui a finalement été réduite à deux mois à la suite de ce bilan.

Cependant le cerveau doit s’adapter à ces changements. Il doit changer son interprétation qu’il utilise depuis des années pour avec les deux images n’en faire qu’une seule. De plus, plus jeune, j’ai déjà dû faire de la rééducation pour la vision binoculaire.

Alors cela a créé trois effets secondaires : la fatigue oculaire, la « fixité », la « visiosensibilité »

 

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Le troisième et dernier effet secondaire pour la vision

J’appelle cela la « visiosensibilité ».

Je pense que je l’ai dans certains supermarchés mais je l’ai parfaitement constaté dans un petit magasin de vêtement dont je connais bien la vendeuse. Je rentre dans le magasin, je pars essayer des habits, c’était moyen. Je vais pour payer et nous commençons à discuter et là ça n’allait plus du tout. Pour moi, et elle ne le voyait pas, les lumières du magasin clignotaient très rapidement. Un peu comme certains spots dans une discothèque. A une fréquence très rapide.

Comme j’ai de la tension dans l’œil, que sans traitement, je pourrais un jour avoir un glaucome, ce problème peut venir de là. Comme j’ai été opérée, cela peut aussi venir de là.

Je n’ai pas encore abordé cela, en parlant à un médecin.  Impossible de s’occuper de tout ! Cela reste en attente de traitement. Voir cela passera tout seul au bout d’un moment ?

 

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Les yeux fatiguent

Le premier effet secondaire pour la vision: énorme fatigue oculaire, je ne pouvais plus regarder ma télévision, trop grande. J’avais l’impression de loucher, que mon œil « décrochait ».

Pour lutter contre cela et pour ne pas sombrer dans l’ennui, j’ai éteint la télé et j’ai durant plusieurs jours quasiment regardé tous mes films sur une tablette. Ensuite, petit à petit, j’ai rallumé la télévision. Mes yeux fatiguaient surtout au lever, le matin et au coucher, le soir. Pas grave, je reprenais la tablette. Aujourd’hui j’ai gagné. Même si je me lève tôt le matin ou me couche tard le soir, pas de problème pour regarder la télévision.

J’ai aussi fait quelques essais de regarder des films en 3D (j’ai une télé 3D et des blu-ray 3D). Je me suis tout de suite limitée à 1h de visualisation, je ne voulais pas fatiguer mes yeux. Je n’ai malheureusement pas encore pu aller plus loin. Regarder un film en 3D demande d’être dans le noir et aussi, et cela même avant mon opération, de ne pas être fatigué. Comme il a fait chaud quasiment tout cet été, que la fatigue vient tôt durant la convalescence, j’ai eu peu l’occasion de le faire. Donc, j’attends d’être dans de bonnes conditions pour m’y remettre. Vivement cet automne!

Je ne suis pas encore allée au cinéma. C’est un peu comme pour la 3D : être pendant deux heures dans l’obscurité, regarder un immense écran dans le noir, je préférais ne pas y aller tout de suite. Aujourd’hui, j’avoue que c’est bon, je peux y aller mais il ne faut pas être fatiguée donc pas le soir, et pour aller à pied au cinéma en milieu d’après-midi en plein soleil vu comme il fait trop chaud, ça me demande d’être patiente.

Etonnamment, je ne parlerai pas de l’écran de mon ordinateur. J’ai effectivement eu un tout petit peu de mal à le regarder au début mais c’est passé tout de suite. Comme mes yeux passent leur temps à regarder l’écran puis le clavier, ils ne ressentent pas, je pense le deuxième problème dont je vais parler maintenant.

 

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Se rééduquer en jouant

Pour en finir, avec les problèmes de concentration et de vision, avec mon budget vacances, je me suis offert une Playstation 4.

Pourquoi ? C’est un de mes loisirs de l’après-midi : je joue, je suis concentrée, l’image bouge vite, il faut des reflex, les mains bougent sur la manette… c’est presque une simulation thérapeutique.

J’ai commencé avec quinze minutes de jeux, c’était dur! Et puis, je suis passée à une heure et aujourd’hui j’en suis à deux heures avec une longue pause au milieu. Mais franchement, je m’amuse beaucoup!

 

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Les douleurs physiques

Durant la convalescence, j’ai dû faire face à principalement trois types de douleurs : les douleurs au crâne (au niveau du cuir chevelu) et sur la partie gauche du visage, les douleurs au niveau du cou, les douleurs à l’articulation temporo- mandibulaire, c’est à dire à la mâchoire.

Ce n’est pas toujours facile d’avoir mal un peu partout au niveau de la tête, mais cela me semble parfaitement normal après une opération de ce type. Et, ces douleurs, bien que présentent pour certaines en permanence, ne sont pas insupportables même si elles entraînent souvent une grande fatigue et une gène qui joue en particulier au niveau de la concentration.

Ce qui est assez surprenant est que je m’y suis habituée. Pour certaines douleurs, avec le temps, je n’y fais plus attention, en particulier, celles au niveau du cuir chevelu…sauf lorsque j’y pense…comme en rédigeant cet article.

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Douleurs au crâne et sur la partie gauche du visage

Après l’opération, la sensation de douleur la plus gênante est que tout le côté gauche du crâne est douloureux. Cela commence au milieu du crâne, puis descend vers la nuque,  passe sur le devant du visage, vers la pommette et finit en haut du front.

La douleur au crâne n’a rien à voir avec de la migraine. Elle est vraiment au niveau du cuir chevelu.

C’est une douleur dont je ne connais pas vraiment l’origine (voir Que se passe t’il dans le cerveau après l’opération?).

Elle a eu des sortes de cycles évoluant au fil du temps. Au début, j’avais quasiment mal toute la journée puis, peut-être deux mois après l’opération, je me suis mise à avoir mal à 11h00, cela s’arrêtait avec le déjeuner puis revenait 16h00…jusqu’au soir, la douleur passant en dormant. Ce double cycle a perduré longtemps. Les douleurs le matin, vers 11h00, je les ai eues durant 8 mois. L’après-midi, les douleurs se sont manifestées vers 16h00, puis 17h00, 18h00…

Aujourd’hui, 10 mois après l’opération, il est très rare que j’ai mal le matin, mais cela arrive encore. Mais le soir, au plus tard à 21h, j’ai toujours mal. En fait, maintenant, c’est stress ou fatigue qui déclenchent les douleurs. A noter cependant que l’étendue de la douleur a considérablement baissée. Elle se situe sur une bande de 3/4 cm de large à gauche du milieu du crâne, assez loin de la cicatrice.

C’est une douleur à laquelle on s’habitue. Souvent, je n’y fais plus attention. Mais, elle est quand même là. Source elle-même de fatigue, certainement impactant le sommeil, je ne sais pas combien de temps elle va durer. Je verrai mais sa persistance et la durée de la convalescence me semble liées.

Autre douleur, la plaque qui a été mise sur ma tempe, là où a été fait le trou pour accéder au méningiome. J’ai eu mal pendant un moment.

Avant l’opération, je dormais avec un masque, comme ceux donné dans les avions. Pourquoi? Parce que ma paupière gauche depuis longtemps s’ouvrait quand je dormais. La lumière passait par cette petite ouverture et cela me réveillait. C’était lié à l’exophtalmie. Après l’opération, j’ai testé à plusieurs reprises si la paupière s’ouvrait toujours. Effectivement, elle a continué durant peut être un mois, et puis j’ai constaté avec beaucoup de satisfaction que c’était bon, elle ne s’ouvrait plus. J’ai donc arrêté de mettre le masque. Et du coup, la plaque ne me faisait beaucoup moins mal. C’était l’élastique du masque qui créait une douleur plus vive. Franchement, je n’y avais pas pensé.

Cette douleur au niveau de la plaque était elle-aussi cyclique mais… à l’échelle de quelques jours. Est-ce l’acceptation par l’organisme d’un corps étranger? Est-ce lié à des cycles cellulaires? Hypothèse personnelle mais peut-être sans fondement.

En lisant cela, vous vous dites peut-être “et la cicatrice?”. Et bien cette cicatrice, si bien faite, ne m’a jamais fait mal en elle-même. A part à quelques endroits un peu boursouflés, elle est très fine. Elle n’est que sous les cheveux. Une petite bande de cheveux a été rasée, pas plus large qu’un centimètre et le chirurgien a coupé au milieu. Aucun problème d’esthétisme suite à cette opération, sauf sous l’œil (voir article sur  l’hématome sous l’oeil). Bon, c’est vrai, j’ai pas mal de cheveux et si j’étais un homme qui rase ou perd ses cheveux et bien oui, elle serait visible…

Cependant, bien qu’en elle-même la cicatrice ne fasse pas mal, le fait que la peau du crâne et tout le réseau de nerfs qui innervent cette zone aient été coupés peuvent être à l’origine en partie des douleurs du crâne dont je parlais ci-dessus (quelques détails aussi dans l’article Que se passe t’il dans le cerveau après l’opération?). Par ailleurs, les cicatrices peuvent être à l’origine de brides cicatricielles, terme employé par mon chirurgien, qui, si j’ai bien compris, sont des sortes de petits tissus cicatriciels…pour lesquels il m’a conseillé de faire des massages (voir l’article Plusieurs méthodes pour soigner les douleurs physiques).

La douleur au niveau du visage, vers la pommette, est passée très vite. Je sais que j’ai des restes très minimes de méningiome à ce niveau qui n’ont pu être enlevés au moment de l’opération. Mais je pense que le chirurgien est quand même intervenu à cet endroit qui est donc resté sensible durant un moment.

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Douleurs au niveau du cou

Après l’opération, mon cou s’est bloqué, complètement et douloureusement. Je ne pouvais plus le bouger. Je ne pouvais plus rester assise à table pour un repas sans trouver n’importe quel prétexte pour me lever, je ne pouvais plus regarder de films sur ma tablette.

Cela est arrivé pour plusieurs raisons:

  • Six heures d’opération, cela veut dire que votre cou reste dans un étau, dans une position non naturelle longtemps sans bouger;
  • Un mois de début de convalescence sans presque bouger et les deux dernières semaines à regarder les séries sur une tablette allongée sur un lit avec deux oreillers, ce n’est pas parfait comme position;
  • L’arthrose. Un problème classique pour les informaticiens de ma génération. J’ai dû passer quinze ans de ma vie à travailler huit heures par jour devant mon écran, concentrée, sans bouger. L’arthrose, le seul moyen de la soigner: c’est de bouger!
  • Le stress. Et oui, après une opération, je pense que nous souffrons d’une sorte de stress post-traumatique qui cherche où se loger. Moi, cela a été dans le cou. Dès que je stresse, mon cou me fait mal…

En résumé, ce sont les premières vertèbres cervicales, Atlas et Axis,  qui portent la tête et sont devenues sensibles et douloureuses.

Et bien, j’ai trouvé plusieurs solutions pour ce problème:

  • Le fauteuil relax.

Vous êtes allongé pour regarder la télé, discuter avec vos proches… C’est carrément génial car votre cou ne souffre pas, bien qu’immobile. Il n’a pas à porter la tête qui, si j’ai bien compris, peut peser jusqu’à huit kilogrammes.

Pour regarder ma tablette, je me mets en position relax et je pose un petit carton sur mes jambes et la tablette dessus. Comme cela, pas besoin de baisser la tête pour regarder la tablette…et cela ne coûte vraiment pas cher.

Je fais aussi attention à ne pas passer mon temps penchée sur mon téléphone à échanger par sms ou sur les réseaux sociaux. C’est tentant, sympathique mais particulièrement mauvais pour mon cou.

  • Bouger en travaillant sur son ordinateur.

Ce sont les nouvelles technologies. Cela s’appelle le double écran et est de plus en plus mis en place dans les entreprises. Vous travaillez sur deux écrans avec, par exemple, sur un des écrans le programme à coder et sur l’autre, vous lancez le programme et le testez.

A la maison, j’ai deux écrans depuis des années.

Ce qui est parfait pour moi est qu’au travail mon bureau est très grand. J’ai quatre écrans, un fauteuil avec des roulettes, un casque pour passer des appels. Je bouge sans arrêt entre les écrans ou je fais des petits aller-retour debout pendant mes appels: fini l’arthrose.

  • Les massages.

Ils sont très bien pour ce type de douleurs. J’ai essayé différents types de massage: voir l’article Plusieurs méthodes pour soigner les douleurs physiques.

Aujourd’hui, presque un an après l’opération, ces vertèbres sont toujours parfois douloureuses et d’ailleurs je continue à aller voir un masseur kinésithérapeute pour ce problème. Par connaissance, il m’a été indiqué des médecins spécialistes de ces vertèbres mais j’attends que les douleurs au crâne disparaissent. En effet, il est tout à fait à mon sens possible que tout soit lié. A suivre donc…

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